NOUVELLES DU FRONT

 

A Vitrolle, quand on est directeur d'école et qu'on refuse de serrer la main de la maire, déjà en campagne électorale, on se fait retirer la surveillance de la cantine et celle des élèves après la classe pour "manque de courtoisie". "Le simple échange de bonjour me paraissait suffisant pour faire preuve de la courtoisie élémen-taire. Je tiens par cet acte à garder des distances avec des élus dont les valeurs sont aux antipodes des miennes" persiste et signe Alain Darmusey le directeur d'école.

Mme Megret intente une action en justice contre notre courageux enseignant pour une interview publiée dans France-Soir, le 27 octobre, où il aurait tenu des "propos grossiers et déplacés sur mon physique" écrit-elle dans un courrier adressé aux parents d'élèves de l'école où enseigne Alain Darmuzey. (Bulletin de Liaison Interne N26, nov. déc. 1999).

Le Conseil des Prud'hommes de Martigues s'est enfin prononcé sur le licenciement de Régine Juin qui a dirigé le cinéma Les Lumières de Vitrolles avec brio pendant 10 ans. En juin 97, Régine était licenciée par Mme Megret au motif officiel de "refus d'obtempérer" pour avoir refusé de déprogrammer un festival de courts-métrages sur le sida. Après deux ans et demi de procédure kafkaïenne, les Prud'-hommes ont finalement décidé, le 3 décembre dernier que ce licenciement était "dépourvu de cause réelle et sérieuse". Ils accordent 120 000, francs de dommages et intérêts à Régine et 10 000 pour les frais de procédure. En tout état de cause, les Prud'hommes se sont bien gardés de traiter le licenciement politique que Régine a toujours revendiqué en solidarité avec les deux cents autres licenciés municipaux depuis que Mégret sévit à Vitrolles. (Raz l'Front Vitrolles, in Bulletin de Liaison Interne N26)

Voiron (Isère) : les Megretistes condam-nés le 13 novembre (4000 et 6000 Frs et quatre mois de retrait de permis) pour avoir pris en chasse des militants qui effaçaient des inscriptions racistes. Les fascistes avaient réussi à coincer les anti-racistes et ont dégradé leurs véhicules faute de pouvoir les en extirper.

Mégret perd son groupe au Conseil Régional PACA : il n'a plus que 8 élus (il en faut 10 au minimum). Tarelli, conseillé régional et adjoint au maire de Marignane a rejoint le RPF de Pasqua alors que Gost, dans les Alpes Maritimes se demandait toujours, aux dernières nouvelles, où il pourrait bien aller.

Ce passage des ex-F-haine et MN-recyclés dans les partis de la droite dite "républi-caine" est dénoncé par Vauzelle. En fait, droites et F-Haine/MN se liguent déjà pour ne pas voter, par exemple, les subventions politiques de la Ville, les 35 heures, le budget, probablement le futur contrat de Plan, etc... Nous nous achemi-nons doucement vers une situation de blocage et probablement une opération de reconquête du pouvoir régional par la droite et ses extrêmes La bête n'est pas morte, loin de là (LDH Marseille in Bulletin de Liaison Interne N26)

A Nice, tête haute et mains sales : Jean Pierre Schenardi, secrétaire départemental du FN, Jean Pierre Gost conseiller régio-nal et municipal élu sous l'étiquette FN , devenu Mégrétiste et maintenant étiqueté "Indépendants nationaux", et Pascal Devignes FN, ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel pour faux, usage de faux et escroquerie dans leurs comptes de campagne.

Peste brune dans le massif alpin. Avec 27,2% des voix lors du scrutin législatif du dimanche 3 octobre, l'extrême droite est devenue la deuxième formation politique en Autriche et Le "Parti de la liberté" (FPÖ) de Jörg Haider devance pour la première fois les conservateurs traditionnels. Les néo-fascistes contrôlent par ailleurs deux des neuf Länder d'Autriche. Les sociaux-démocrates du chancelier Viktor Klima, avec 33,4% des suffrages, enregistrent leur plus mauvais score en 50 ans.

Le succès de Jörg Haider est celui d'un homme qui a réussi à faire d'une formation se refusant à tout examen de conscience du passé nazi du pays, un "parti comme les autres". Sous la respectabilité gagnée en recentrant certains de ses thèmes, Jörg Haider, qui vantait encore en 1991 la politique de l'emploi de Hitler, exploite à fond la peur de l'étranger, en l'espèce la prétendue menace d'un envahissement de l'Autriche par des hordes venues de l'Est. Que cette vilaine ficelle fasse autant recette dans un pays aussi riche et qui sut, dans le passé, faire coexister nombre de nationalités ne laisse pas d'inquiéter.

Une manifestation sur le thème de l'antiracisme a réuni, le 12 novembre, plusieurs dizaines de milliers de personnes à Vienne contre la participation du FPÖ au gouvernement. Dans toutes les mémoires, Marcus Omofuma est présent. En mai dernier, ce jeune Nigérian était décédé dans l'avion qui le ramenait en Afrique, étouffé alors qu'il était sous la "bonne" garde de policiers autrichiens. Dans un pays où la tradition antifasciste est faible, cette manifestation est un succès. Peut-être un premier pas vers une prise de conscience du danger que représente Jörg Haider.

En Suisse, trois semaines plus tard, le 25 octobre 1999, une nouvelle droite, nourrie de xénophobie et d'isolationnisme est le grand vainqueur des élections nationales. Avec 22,6% des voix, "l'Union Démocratique du Centre" (UDC) de Christophe Blocher, industriel de Zurich, financier et multimillionnaire, dépasse de peu le Parti Socialiste (22,5%), et devance nettement la droite modérée et le centre (Parti Radical-démocratique : 19,3% et Démocrates Chrétien : 15,8%).

L'électorat de Blocher repose, pour partie, sur la génération de la Suisse "alémanique" (vs Suisse Romande) qui a survécu à la dernière guerre, et qui s'est sentie diffamée et identifiée, à tort, avec les nazis, à travers les tentatives de faire la lumière sur les affaires ambiguës réalisées par les banques suisses et leur enrichissement illégitime, au détriment des juifs victimes de l'Allemagne nazie.

Blocher fait appel "au cur sain du peuple" en attisant le débat public dans quatre domaines : relation avec l'Union Européenne et ratification des traités internationaux, immigration, drogue et criminalité et prétendue abus de la protection sociale.

La politique de l'immigration n'a jamais soulevé autant de passion en Suisse. Avec les travailleurs immigrés, les demandeurs d'asiles sont stigmatisés dans de fort coûteuses campagnes publicitaires, comme "illégaux" ou "criminels". La propagande contre les "cultures non chrétiennes" qui "ne veulent pas s'intégrer et ne viennent en Suisse que pour encaisser les allocations sociales" n'a rencontré qu'une timide opposition de la part de la gauche et attise les conflits "ethniques" et culturels dont les partisans de Blocher ont peur. Précisons que depuis la fin du XIXe siècle, la Suisse a recruté des milliers d'immigrés pour son marché du travail. Son droit de nationalité restrictif repose sur le "droit du sang", ce qui complique la naturalisation des immigrés. Si 19% de la population suisse est d'origine étrangère, 60% de celle-ci sont nés en Suisse ou y habitent depuis plus de 10 ans.

Politisation de la drogue et de la criminalité : le parti de Blocher s'aligne sur la politique répressive des Etats-Unis et s'oppose à tous les efforts visant à améliorer la santé et la capacité d'intégration des personnes dépendantes par une politique de répression des risques. Toutefois, les référendums décisifs sur cette question n'ont pas tourné à l'avantage de Blocher (de justesse). Répression en matière de criminalité, certes, mais pas la criminalité financière qui a encore de beaux jours avec Blocher.

Blocher promet une baisse des impôts (qui ne concerne que les plus hauts revenus) et diminution des dépenses sociales (allocations chômage et protection sociale des plus démunis). Enfin, le parti de Blocher s'oppose à la ratification des traités internationaux et à l'entrée de la Suisse à l'ONU. Prenant exemple sur les partisans de Tatcher, la machine de propagande de Blocher présente l'Union européenne soit comme le "quatrième Reich" allemand, soit comme la dernière utopie communiste sur le continent européen!

La Suisse et l'Autriche ont un niveau de vie parmi les plus élevés d'Europe. Le chômage y reste faible. Le succès de cette droite néo-fasciste, xénophobe, populiste, et d'inspiration économique ultra-libérale semble s'expliquer paradoxalement par les angoisses d'une population déboussolée par la mondialisation, la perte des repères traditionnels et des valeurs de sociétés tranquilles et policées. Usure également des coalitions entre partis "responsables" qui gouvernent ces pays depuis la fin de la guerre, censés assurer la stabilité et le consensus, et qui nourrissent maintenant un extrémisme de droite qui apparaît comme le seul refuge possible pour les opposants.

). Enfin, le parti de Blocher s'oppose à la ratification des traités internationaux et à l'entrée de la Suisse à l'ONU. Prenant exemple sur les partisans de Tatcher, la machine de propagande de Blocher présente l'Union européenne soit comme le "quatrième reich" allemand, soit comme la dernière utopie communiste sur le continent européen.

La Suisse et l'Autriche ont un niveau de vie parmi les plus élevés d'Europe. Le chômage y reste faible. Le succès de cette droite néo-fasciste, xénophobe, populiste, et d'inspiration économique ultra-libérale semble s'expliquer paradoxalement par les angoisses d'une population déboussolée par la mondialisation, la perte des repères traditionnels et des valeurs de sociétés tranquilles et policées. Usure également des coalitions entre partis "responsables" qui gouvernent ces pays depuis la fin de la guerre, censés assurés la stabilité et le consensus, et qui nourrissent maintenant un extrémisme de droite qui apparaît comme le seul refuge possible pour les opposants.

Gérard Régnier

 

Internet, les néo-nazis et la cybercriminalité

Internet est un hypermédia par excellence. Ce média moderne connaît une forte progression et chacun peut l'utiliser : les trafiquants de tout acabit s'y retrouvent, les trafiquants de la vérité historique aussi. On compte plus de 2 000 sites néo-nazis à travers le monde et cette propagande négationniste, raciste et xénophobe touche, en toute impunité, un nombre croissant d'intemautes, notamment la jeunesse. Le site web d'une des plus grandes librairies américaines "Barnes and Noble" diffusant sur Intemet, met " Mein Kampf " à la disposition de ses clients à partir de 18 $. La diffusion du livre d'Hitler est interdite, on le sait, en France et en Allemagne, mais aucune loi semblable n'existe aux Etats-Unis et dans de nombreux autres pays. Il est donc aisé pour les néo-nazis d'installer leur serveur Internet dans le pays de leur choix et d'inonder la planète de leur venin.

Il est urgent de ne pas se laisser déborder par ces courriers qui s'affichent intempestivement sur nos écrans et peuvent insidieusement déstabiliser les plus vulnérables ou les moins informés.

Est-il impossible de légiférer au niveau mondial, pour stigmatiser et mettre hors d'état de nuire, ces foyers de pollution mentale de guerre et de mort ?

La technique capable d'émettre à travers le monde n'est-elle pas capable de neutraliser ces propagandes pour le crime de masse en agissant, par des moyens légaux, en amont et en aval, à l'émission comme à la réception ?

L'ONU ne pourrait-elle pas exiger des Etats qu'ils fassent de la prévention ?

* avant de connaître de nouveaux Kosovo ou Timor pour la honte de l'Humanité;

* avant que banalisés, camouflés sous leur masque de légitimité les émules de Hitler, tel Haider en Autriche, s'emparent du pouvoir.

Le gouvernement français ne pourrait-il pas intervenir dans ce sens auprès de l'ONU et de chacun des Etats, notamment ceux où se trouvent les émetteurs néo-nazis ?

Mme Elisabeth Guigou, Garde des Sceaux, adressait, le 16 juillet 98, une circulaire à tous les magistrats concernés leur demandant de se montrer très vigilants et de sanctionner les diverses manifestations des idéologies racistes et xénophobes. Nous savons, par ailleurs, qu'une cyberpatrouille composée de policiers notamment de la DST, veille en surfant sur les pages ouvertes du Web. Nous ignorons encore si ces deux démarches ont obtenu des résultats à l'encontre des sites néo-nazis et nous interpellons le gouvernement à ce sujet.

D'ores et déjà, par centaines, par milliers, nos lecteurs Internautes doivent agir sur le réseau pour contrer cette propagande et intervenir auprès des pouvoirs publics.

Que chacun d'entre vous nous informe de l'existence, du contenu de ces sites scélérats, et des différentes actions qu'il a pu mener.

Au Web Citoyens !

Michel VIAL

Association Résister Aujourd'hui

http://www.Resister-aujourdhui@aix-asso.org

 

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